LA SECONDE VIE DES CARRIERES
Champignonnière, brasserie, cave…
Un vrai potentiel de développement et d’aménagement du territoire
Les anciennes carrières ont connu de tous temps une seconde vie fort riche et utile.
Elles souffrent malheureusement aujourd’hui d’une faible reconnaissance de la part des institutions publiques ou scientifiques qui les considèrent le plus souvent comme des sources de risques ou de nuisances plutôt que comme de possibles atouts de développement du territoire.
C’est cette méconnaissance du milieu souterrain qui leur est dommageable car cela favorise leur disparition progressive dans le cadre des travaux de sécurisation ou d’aménagement.
Pourtant la valorisation de ces espaces souterrains revêt de nombreux intérêts sur le plan scientifique, géologique,architectural, patrimonial et industriel et constitue une ressource territoriale multifonctionnelle. De nombreux exemples sont là pour en témoigner.
En effet, ces vides offrent des conditions très spécifiques : une température fraîche et constante toute l’année (de l’ordre de 11 à 13°C) ainsi qu’une hygrométrie élevée.
A cela il faut ajouter l’avantage leur absence de visibilité depuis l’extérieur et la valeur ajoutée de leur caractère original et insolite lorsqu’il est mis en valeur.
Réutilisation des carrières hier
Les champignonnières
L’utilisation la plus courante des vides d’exploitation a été la culture des champignons.
A partir du milieu du I9e siècle dans les carrières de Paris et de la proche banlieue se développe de manière intensive cette nouvelle culture. Les vides de carrières sont nombreux, le fumier de cheval nécessaire se trouve en abondance, les Parisiens aiment les champignons et malgré les difficultés, les sommes à gagner sont considérables.
Les Catacombes de Paris
L’ossuaire municipal de la Capitale est sans aucun doute l’exemple le plus improbable de la réutilisation des vides laissés par les carriers mais aussi l’un des plus connus.
Les caves-brasseries parisiennes
Des brasseurs se sont installée en carrière au XVIIIe et XIXe siècle. La brasserie Dumesnil, initialement située dans le 13ème arrondissement de Paris, est l’une des plus emblématique.
Les abris de la défense passive
Une politique de construction d’abris a pris son sens après les premiers bombardements subis par Paris en janvier 1871 depuis les collines de Châtillon et Meudon pendant le siège de la Capitale par les prussiens.
L’important réseau de carrières souterraines de Paris offrant une protection naturelle contre les bombardements, des secteurs entiers sont donc aménagés en abris collectifs afin de protéger les parisiens en prévision d’un possible nouveau conflit.
Les habitations troglodytiques
Souvent situés au pied d’une falaise de calcaire le long de la vallée de la Seine, ces habitations sont rares en Ile-de-France. Haute‑Isle, dans le Val‑d’Oise, est un bel exemple de village troglodytique de la région.
Réutilisation des carrières aujourd’hui
Certaines précautions sont aujourd’hui à prendre en ce qui concerne la sécurité des biens et des personnes avant d’envisager la réutilisation de ces vides : étude de la stabilité géotechnique de l’ouvrage souterrain, gestion de la présence d’eaux d’infiltration ou de remontées de nappes souterraines, mise en place d’un système d’aération et de ventilation efficace, balisage de l’espace souterrain et sécurisation des accès et issue de secours.