Voyager dans le temps
et dans les carrières souterraines d’Île-de-France
Des premiers dépôts sédimentaires
aux premiers carriers
L’Île-de-France se positionne au cœur de la vaste cuvette sédimentaire du Bassin Parisien.
Près de 3000 m de sédiments s’y sont déposés au cours de 250 millions d’années : la craie du Crétacé (-140 à -65 millions d’années), le gypse de Ludien (-38 à -34 millions d’année) et le calcaire du Lutétien (-55 à -35 millions d’année).
Coupes géologiques à Châtillon, Clamart, Vanves, Meudon
Les premiers mammifères, apparus au Mésozoïque entre -205 et -66 millions d’années, cohabitent en toute discrétion avec les dinosaures. Lors de l’effondrement écologique rapide qui suivit l’impact avec la terre d’un astéroïde, il y a 66 millions d’années, les grands dinosaures s’éteignent en quelques milliers d’années alors que de petits mammifères poursuivent leur évolution.
Quelques années passent (50 millions) avant l’apparition des premiers ancêtres de l’homme.
Cette nouvelle espèce évolue jusqu’à découvrir un jour la bipédie il y a environ 5 millions d’années. Puis nous apparaissons enfin, homo sapiens sapiens, il y a 40 000 ans.
Ce n’est que lorsque l’homme moderne se sédentarise, il y a environ 7000 ans, qu’il est possible de l’imaginer commencer à exploiter les ressources affleurant autour de son habitat.
Et puis ils sont arrivés : « XXII ! V’la les Romains !!! »
Ou comment un petit village fortifié sur une île est devenu Lutèce, puis Paris, en 540 années de présence romaine ?
Les carrières de pierre de la rive gauche ont été les premières à être exploitées. Elles permirent la construction de nombreux bâtiments : agora, arènes, thermes, temples, amphithéâtres, palais, villas, aqueduc…
Depuis, cela ne c’est plus jamais arrêté. Tous les trésors du sous-sol francilien ont été utilisés : le calcaire grossier, employé comme pierre à bâtir, le gypse utilisé dans la fabrication du plâtre, la craie employée pour de multiples usages, le sable pour les mortiers et la fabrication de verre et du cristal, le grès pour les meules et les pavés, l’argile pour la fabrication de briques et de tuiles et enfin la meulière que l’on retrouve dans les murs de certaines maisons construites au début du XXe siècle.
A peine 2000 années nous auront suffit pour épuiser la plus grande partie de ces ressources minérales constituées au cours des 145 derniers millions d’années
Aujourd’hui, ce sont environ trois cents communes de l’Île-de-France qui sont impactées par la présence de carrières souterraines. Paris ainsi que les départements des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis, du Val de Marne et des Yvelines sont principalement concernés. D’autres exploitations souterraines sont également présentes dans l’Essonne, le Val d’Oise, et à une moindre échelle en Seine et Marne.